Reportages 2016/17
Les élèves du Lycée Franco-Allemand de Fribourg, avec lesquels j'ai eu la semaine dernière une belle discussion à propos de l'Europe, ont rédigé un appel pro-européen très encourageant. Franziska Brantner, députée au Bundestag - Pour en savoir plus...
L'Europe est peut-être actuellement à un tournant et nous souhaitons publier une tribune pro-européenne dans plusieurs médias.
Le climat actuel est particulièrement anxiogène et nous pensons que nous, les citoyens, devons prendre la parole et faire entendre notre voix.
C'est pourquoi des élèves du Lycée Franco-Allemand de Fribourg en Allemagne ont écrit et traduit le texte ci-dessous: “On ne badine pas avec l'Union Européenne". Cette tribune est soutenue par le conseil des délégués des élèves, le conseil des parents, l'ensemble des professeurs et la direction de l'établissement.
L'ensemble de la communauté scolaire travaille à ce que cette tribune soit diffusée dans de nombreux médias locaux et internationaux.
Si vous partagez les mêmes idées que nous,
vous pouvez également prendre part à cette action en contribuant à sa diffusion (http://ogy.de/EU).
On ne badine pas avec l'Union Européenne
“Non à l’UE!” disent-ils. D’accord. Et après? Le nationalisme? L’exclusion et l’isolationnisme? Susciter la haine et fermer les frontières?
Les mouvements anti-européens ont le vent en poupe et pas seulement en Grande-Bretagne, chez nous aussi. Ils montrent clairement que l'euroscepticisme est devenu une menace pour les valeurs fondamentales de la vie commune européenne. Pourquoi 60 ans après la création de la Communauté Économique Européenne les Européens tournent-ils le dos à une de leurs plus grandes avancées?
Il est compréhensible que certains des 510 millions de citoyens de l’UE la remettent en question. En effet, notre UE, telle qu’elle existe aujourd’hui, est imparfaite et complexe. Elle avantage fortement les lobbies et tend à abandonner le simple citoyen. L’UE se veut être une unité mais n’est pas capable de mener une politique homogène et cohérente. L’absence d’une telle politique empêche de combattre l’accroissement des inégalités économiques et sociales entre les différents citoyens des différents pays.
Il est inutile de rappeler ici les conséquences d’une Europe divisée et opposée. Ou peut-être le faut-il? La première moitié du siècle dernier peut servir d’avertissement.
La Communauté Économique Européenne a été fondée il y a 60 ans avec la volonté de garantir et préserver la paix. Or, c’est précisément à une époque comme la nôtre, dans un monde incertain, où des milliers de personnes fuient la terreur et les guerres, que nous devons apprécier à sa juste valeur un si beau cadeau et le protéger à tout prix. Il serait vraiment très imprudent de sous-estimer les dangers qui la menacent.
N’oublions pas que l’UE protège la démocratie, la liberté de presse, d’expression et de religion, pour ne citer que quelques uns des droits inviolables, dont nous Européens, nous pouvons profiter. N’est-ce pas un privilège de vivre dans un pays dans lequel les principes de liberté et d’autodétermination sont ancrés dans la Constitution?
Tous les États de l’UE doivent respecter les principes démocratiques, et les États candidats à une adhésion ne peuvent échapper aux processus de réformes qui vont dans ce sens. L’UE contribue ainsi à la diffusion de ces valeurs démocratiques.
En outre, deux des aspects les plus importants sont la libre circulation des personnes et la monnaie commune. Certes, nous sommes loin d’avoir atteint la perfection dans ces domaines et l’euro est souvent sous le feu des critiques. Dans la zone euro, le change de monnaie a disparu, tout comme les coûts de conversion. Nous pouvons voyager dans chaque pays, sans contrôle de passeport, ni même de visa. L’Accord de Schengen, qui assure le passage des frontières, ne contribue donc pas seulement à la dynamique économique, mais aussi à un échange culturel et par là, à la compréhension et à la paix entre les différentes cultures.
Quand nous entendons que d’autres pays veulent dresser des murs, nous ne pouvons que nous indigner. L’Europe a vécu la division dans sa chair, avec un mur. Nous ne voulons pas revivre cela. La remise en cause de la libre circulation des personnes serait un coup dur pour une Europe si libre et si diversifiée!
L’UE n’est pas parfaite. Mais elle protège la paix en Europe.
Critiquer l’Union Européenne est légitime. La détruire ne l’est pas! Bien sûr, des réformes et des améliorations sont nécessaires afin de préparer l’UE au futur. Mais ces réformes doivent se faire dans l’unité et la cohérence, et non pas dans le rejet et la discorde.
Il devient plus nécessaire que jamais de consolider l’UE. N’est-ce pas un privilège que de considérer ses voisins comme des amis? De pouvoir se déplacer librement et sans contrôle? De ne jamais devoir changer sa monnaie? Et surtout, de vivre en paix?
Pour nous, Européens, ces avantages sont devenus une évidence, comme tant de choses de l’UE. Mais cependant, tout pourrait disparaître si nous n’y prenons pas garde.
Chers concitoyens européens,
Nous sommes pro-européens et le proclamons haut et fort!
Nous sommes fiers de faire partie d’une Union de 510 millions de personnes de cultures diverses et variées!
Nous voulons des échanges et pas de murs! Notre Union Européenne doit être synonyme de liberté, de sécurité et de paix!
Nous voulons une Union Européenne plus démocratique, plus transparente et plus juste socialement!
Nous avons besoin de projets fédérateurs.
Le conseil des élèves soutenu par le conseil des parents, les enseignants et la direction du Lycée Franco-Allemand de Fribourg-en-Brisgau, Allemagne.
Le Lycée Franco-Allemand de Fribourg est un établissement public, binational et biculturel bénéficiant d’un statut particulier qui trouve ses racines dans le traité d'amitié franco-allemand de 1963. En étant en contact permanent avec des professeurs allemands et français, les élèves profitent pleinement des deux systèmes pédagogiques.
Nous, élèves, parents et enseignants, avons différentes racines culturelles européennes mais aussi du reste du monde. Ceci est une richesse qui nous permet de partager notre héritage culturel et aussi nos traditions. Ici, au Lycée Franco-Allemand, nous vivons et travaillons ensemble. Nos diversités sont des facteurs fédérateurs.
Version allemande:
Man spielt nicht mit der Europäischen Union
Version anglaise:
We don't mess with the European Union
Version russe:
Евросоюз --- это не игрушка
Version portugaise:
Não se brinca com a União Europeia
Version italienne:
Non si scherza con l’Unione Europea
Version espagnole:
No se puede jugar con la Union Europea
Version néerlandaise:
Wij moeten niet sollen met de Europese Unie
Les 18 et 25 janvier derniers, le lycée franco-allemand de Freiburg a reçu trois lauréates du Prix Clara. Deux classes de 4ème et une classe de 2nde ont eu la chance de discuter avec Capucine Dao, Anne-Lise Lafranche et Annabelle Moulin de leurs nouvelles respectives.
Cette rencontre littéraire est le fruit d’une collaboration entre le LFA et l’Université des sciences de l’éducation (Pädagogische Hochschule) de Freiburg, qui vient d’être mise en place par Mme Hack et Mr Mentz. Tous les élèves ont été préparé en amont par leur professeur de français, Mme Palette, notamment à travers la participation à des défis lecture et la rédaction de critiques littéraires sur les nouvelles des jeunes auteures.
Le but de ces rencontres était avant tout de montrer aux élèves que
l’écriture n’est pas l’apanage des « grands classiques » de la littérature, mais que c’est une activité accessible à tous ceux qui sentent en eux le désir d’écrire. Grâce à l’enthousiasme suscité par les jeunes écrivaines, plusieurs élèves de 4ème ont décidé de se lancer dans l’écriture d’une nouvelle qu’ils présenteront au concours Prix Clara en mai prochain. Un atelier d’écriture vient d’être mis en place pour les accompagner dans la réalisation de ce noble défi.*Témoignage de Marilou Zaiser, élève de 4ème dans la section française du LFA de Freiburg*
Notre classe de 4ème 1, accompagnée de Mr et Mme Hack, a rencontré Capucine Dao et Anne-Lise Lafranche, deux lauréates du Prix Clara.
Après avoir étudié le genre littéraire de la nouvelle, les élèves ont eu la chance de pouvoir rencontrer deux jeunes auteurs (Capucine a 22 ans et Anne-Lise en a 17) qui ont pu voir leurs nouvelles éditées grâce à leurs performances lors de ce concours littéraire. Cette rencontre a eu lieu le mercredi 18 janvier et a été organisée par nos professeurs de français, Mme Hack et Mme Palette.
Pendant une heure et demi, nous avons pu discuter et poser nos questions, préparées ou spontanées, aux deux lauréates présentes, qui nous ont répondu avec enthousiasme. Nous avons parlé du Prix Clara, de leurs nouvelles respectives, de littérature, d'elles, de nous...
Le Prix Clara est un concours de nouvelles qui a lieu chaque année en hommage à Clara, une jeune fille décédée à 13 ans à cause d'une malformation du coeur (http://editionseho.typepad.fr/prixclara/). Destiné aux adolescents francophones de moins de 18 ans qui, comme elle, aiment lire et écrire, ce prix est décerné par un jury présidé par Erik Orsenna et composé de onze personnalités du monde des lettres et de l'édition.
Cette sortie s’est déroulée le 1er février à Fribourg-en-Brisgau. Elle était plus précisément consacrée à la visite de la cathédrale de Fribourg (le Münster) et de son musée. Notre classe de 5éme 1 était accompagnée par deux professeurs : Madame Cara et Monsieur Beauchesne.
Ci-contre le vitrail de Jeanne.
Cette visite était organisée car nous allons bientôt commencer le thème du Moyen-Age en français.
Pendant cette sortie, nous sommes tout d’abord allés voir deux maquettes de la ville de Fribourg. La première représentait la ville à l’époque du Moyen-Age car nous pouvions apercevoir encore les cinq tours de la ville et le cimetière en-dessous du Münster. La deuxième maquette montrait les remparts en forme d’étoile construits par Vauban sous Louis XIV. Ces remparts étaient ingénieusement conçus pour qu’aucun ennemi ne pénètre dans le centre de la ville. Nous sommes ensuite montés au deuxième étage pour voir tous les métiers qui devaient intervenir pour construire une cathédrale. (Alexis 5ème 1)
Puis, nous avons regardé les vitraux de la cathédrale de Fribourg et avons appris que les vitraux datent du Moyen-âge. Ce sont presque les seuls qui restent de cette époque en Allemagne à cause des bombardements de la deuxième guerre mondiale. Les plus beaux vitraux du point de vue de la coloration sont les plus vieux, car la méthode était plus chère mais plus belle. Puis nous sommes allés au Musée de la ville de Fribourg où nous avons vu trois maquettes datant de siècles différents.
Enfin nous sommes allés dans un atelier et nous avons effectué nos propres emblèmes avec la technique de la peinture sur verre (la plus récente). Cela était compliqué mais nous sommes à peu près tous satisfaits de nos travaux. (Jeanne, 5ème1)
Il y en avait pour tous les goûts : des chats, des pizzas, des clubs de foot, des jeux vidéo… En tout cas, ils étaient tous réussis. J’ai trouvé cette sortie très intéressante car j’ai beaucoup appris sur la ville de Fribourg. Moi qui suis français, je ne savais pas toutes ces choses, comme par exemple, les largages de bombes pendant la guerre, les remparts miraculeux, les trois cents ans de construction de la cathédrale…Et j’ai beaucoup aimé faire mon propre vitrail, j’ai pris beaucoup de plaisir à le faire. Bref cette sortie était pour moi une réussite. (Alexis- 5ème 1)
Puis quelques réactions d'élèves:
Ce qui m’a le plus étonnée lors de la visite de Monsieur Nigal est le fait que des jeunes ont pu fuir en Israel alors qu'Hitler était déjà très populaire et que de nombreuses personnes avaient les mêmes convictions que lui. En effet, je ne savais pas que quelques juifs autrichiens avaient la chance de quitter leur pays à temps.
J’ai bien aimé qu’il nous raconte sa vie “normalement”, sans se plaindre à chaque phrase. Il a vécu quelque chose d’horrible mais il s’en est sorti plus fort et plein de volonté. Son courage de raconter sans laisser place aux émotions m’a épatée. Mais le moment où il dit que, d’après lui, il a gagné une victoire personnelle sur Hitler en fondant une grande famille, reste mon préféré. (Juliette, 3e2)
„Ich habe bei Herrn Nigals Schilderungen viele Sachen mitgenommen,
(Maria Lucia, 9b)
J’ai particulièrement apprécié la première partie qui racontait l’enfance de Monsieur Nigal en Autriche. Nous avons ainsi pu nous faire une idée de la vie quotidienne d’un juif à cette époque. Monsieur Nigal a raconté des anecdotes qui l’ont marqué de façon très précise. (Jeanne 3e2)
„Amüsant fand ich, dass er auf die Frage, wie er über Neonazis heute denke, ganz ruhig antwortete: ‚Das ist nicht mein Problem, sondern eures.‘“ (Sandrine, 9b)
„Ich finde unglaublich, dass die nicht-jüdischen Bürger mit Hilfe von nationalsozialistischen Parteiangehörigen den Juden ihre Wohnungen und ihren Besitz wegnehmen konnten.“ (Aaron, 9b)
Tout d’abord j’ai été étonné d’apprendre que Monsieur Nigal venait exprès d’Israel pour nous raconter son histoire. Je respecte également beaucoup le fait qu’il ait réussi à nous raconter tout ce qu'il lui est arrivé dans le passé, car cela ne devait vraiment pas être facile pour lui.
J’ai trouvé toute l’histoire très intéressante. C’était vraiment impressionnant, car même à 94 ans, il a encore la force de venir dans notre école pour raconter son passé devant 60 élèves. (Ivann 3e2)
„Mich hat beeindruckt, wie fit Herr Nigal noch ist und ich fand es sehr berührend, dass er sich noch die Mühe macht, für uns Schüler aus Israel in deutsche Schulen zu reisen, um seine persönlichen Gefühle und Erinnerungen mit uns zu teilen. Er hat eine Art, mit uns zu reden, die so herzlich und klar war, dass man nichts anderes tun konnte außer zuhören und mitfiebern. Er hat eine Aura, die einen dazu brachte, tiefsten Respekt zu empfinden und man wollte ihn irgendwie beschützen.
Seine Geschichte berührt mich, vor allem sein plötzliches Zusammentreffen mit der Hitlerjugend und seine Reise in ein ihm fremdes Land (Palästina). Er hat sein Zuhause und die ganze Familie zurück gelassen. Überraschend fand ich, wie plötzlich die Hasswelle gegen Juden gekommen war, und wie „normal“ seine Kindheit war. Ich habe neu erfahren, dass es anscheinend möglich war zu fliehen, aber dass niemand die jüdischen Flüchtlinge aufnehmen wollte.“ (Prune, 9b)
Fotos - Quelle: Konrad Adenauer Stiftung
L'édition 2016 du DNB a permis à 59 élèves d'obtenir leur tout premier diplôme, qui en annonce sans doute bien d'autres.
- 12 mentions TB
- 26 mentions B
- 14 mentions AB.
La plupart des élèves sont donc désormais détenteurs du DNB mention
Annik Bermond et Johannes Remmer, en compagnie de plusieurs professeurs, ont remis aux lauréats le diplôme officiel du Brevet. Ils ont également souligné le bon travail des élèves, en rappelant notamment que plusieurs d'entre eux ont fait preuve d'un grand investissement dans les différentes AG du lycée.
Pendant deux heures de cours, lors d’une intervention organisée par le Maximilian-KolbeWerk, deux survivantes de l’holocauste ont témoigné de leur expérience personnelle au cours de cette période dramatique de l’histoire.


